22.08.2011

L'entreprise n'est plus synonyme de sécurité. Causes et conséquences pour attirer et recruter des profils à potentiel ?

Avant propos : Cet article analyse le comportement observé récemment chez les profils techniques recrutés pour du développement, de l'intégration web, ... Le marché étant très demandeur de profils techniques, il renforce les observations décrites. Cependant on peut assez justement penser que le phénomène observé peut s'étendre à toutes les fonctions, tous les secteurs d'activité et toutes les tailles d'entreprise.

sécurité,emploiIl y a quelques mois encore, je faisais confiance à des cabinets de recrutement pour filtrer les candidats, mais les erreurs de casting de ces derniers mois sur des candidatures qualifiées, me fait me poser des questions et prendre du recul sur les candidats.
Je suis donc repassé par une période de recrutement par moi-même qui m'a fait prendre conscience de quelques réalités. Ces réalités sont pour partie les causes d'échec de l'intégration de nouveaux candidats.

 

Les crises récentes changent la donne.
Nos parents (les miens ont 55 et 60 ans) ont comme valeur la fidélité à leur entreprise. Eh oui, nos parents rentraient dans une "boite" pour y faire carrière et en sortait 37 ans après. Sauf que les média nous le rappelle fréquemment : du jour au lendemain, un plan de licenciement peut remercier un ouvrier ou un cadre qui a travaillé vingt ans et plus au même endroit. Je pense aux Conti, à Kodak, ... Le plus dur c'est penser à une reconversion à 45 ans, mais pour faire quoi ?
La réalité de l'entreprise, c'est que nos sociétés ne font plus fantasmer. L'image des multinationales réputées solides, balayées par une crise financière ou économique mettant au tapis des années d'investissement de la part des salariés, est sévèrement écornée. L'entreprise n'est plus synonyme de sécurité. Pis la crise financière de 2008 (et maintenant 2011) renforce cette idée que de toute façon, les décisions ne sont pas toujours rationnelles, comme le Marché.
Comment alors s'identifier à elle ? Comment s'investir "sans en garder sous la pédale" ? Alors que le moindre rhume de l'entreprise pour laquelle le salarié travaille pourra le mettre sur la touche.

 

Conséquences pour les jeunes générations.
Et bien, je l'affirme, la nouvelle génération de salariés, ne le sait pas forcement mais elle hérite de ce passé et a dans ses gènes toutes ces considérations.
Parmi les échecs de recrutement, un salarié m'a demandé de passer à mi temps au bout d'un mois pour passer du temps sur des projets personnels.
Parmi les candidats que j'ai reçu, 4/5 m'ont dit texto : "moi je veux être au 35 heures même si c'est moins payé, je préfère compléter par des missions free lance.". La tendance est plus forte chez les techniciens, et moins forte sur les profils très diplômes. Tous les profils reçus souhaitent profiter de la sécurité d'emploi relative qu'apporte l'entreprise, mais ne souhaite pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

 

Qu'est ce que cela signifie pour le recruteur / l'entreprise ? Projections.
Je suis très dérouté depuis quelques semaines et n'ai pu analyser la situation de depuis quelques semaines où je recrute en direct et n'ai plus de filtre. Il me semble que la tendance est très récente. La difficulté avec ces profils est qu'avant même de commencer à travailler il faut instaurer une confiance, qui n'existe pas a priori ! Sauf que pour le manager que je suis, c'est cornélien car le salarié sait à quoi il s'engage, et motiver quelqu'un à donner le meilleur de lui même alors qu'il en garde sous la pédale, c'est compliqué. Donc, mon réflexe est que je n'embauche pas car je ne sais pas travailler avec des gens qui ont cette exigence. Or ce sont souvent les profils qui sur le papier sont parmi les meilleurs (tests techniques à l'appui). Eux ont intérêt à rentrer sur un marché du travail libéral qui reconnait la valeur du travail en fonction de la maitrise coût délais qualité.

Si cette tendance majoritaire se confirme, les entreprises qui cherchent à travailler avec des talents devront changer leur mode de fonctionnement. Ça voudra tout simplement dire que la relation entreprise salariée doit évoluer. Sans doute à l'avenir, les relations vont changer pour devenir des relations clients / prestataires, où le salarié deviendrait une sorte de free-lance. Il y aurait alors la place pour de nouveaux business : le portage salarial façon "franchisés" pour fédérer des activités complémentaires, des labels pour garantir la qualité du travail de tels acteurs du marché, des banques d'appels d'offres spécialisées (ça existe déjà en partie)... Or, ce qui est long pour l'entreprise c'est de se créer un réseau de prestataires sérieux pour compléter son domaine d'expertises et augmenter les "paniers" avec des prestations qui ont du sens et de la valeur ajoutée pour son client. Et c'est là que l'entreprise doit tirer son épingle du jeu. Les intérêts de l'entreprise pourront alors être "sauvegardées" du point de vue de l'actionnaire puisqu'elle externalise au maximum tout en s'alignant sur les conditions des ressources qui produisent la valeur ajoutée. En revanche, le travail pourrait paraitre plus précaire, mais serait réellement partagé entre tout le monde en fonction du niveau de chacun.

Un nouveau modèle social et économique pour notre société est-il en train de voir le jour ? En tout cas les habitudes sont de plus en plus bousculée et une nouvelle ère démarre. On verra ce qu'elle nous apporte...

21:07 Publié dans Reflexions, Ressources humaines | Commentaires (1) | Tags : sécurité, emploi |

24.06.2011

le Temps m'a tuer (oups)

tempsVous croyez que ce blog est mort tout ça parceque je vous ai laissé avec feu mon grand père ?

Pas du tout. En fait je tue le temps. Eh oui, quand ce blog n'avance pas, je ne recule pas ! Même si pour avancer il faut savoir se poser, et prendre du recul. Comprenez-vous ?

Pourtant quand je n'écris pas, c'est que je suis déborder (version neutre) ou que je me laisse déborder (version sévère). Hors s'investir dans un projet ou une mission de manière déraisonnable, sans relever la tête, comme tout passionné suggère aussi une perte de certains "capteurs" sensoriels.  Et dans mon activité, j'ai besoin que mes capteurs soient en exergue. Les capteurs, ils permettent d'évaluer une charge de travail, anticiper un changement de produit, orienter des développements, ...

Comme j'ai passé le cap du déni en arrêtant de faire l'autruche sur mes projets, de la colère en reprochant  au "système" de ne pas avoir assez de moyens en m'offrant des journées de 72h, de la fatalité et de la dépression à force de me dire "on s'en sortira jamais", me voilà dans la phase d'acceptation de mon deuil.

Quoi un deuil ? Oui le deuil du changement qui s'opère dans la croissance de mon entreprise, le virage qui va faire que elle va passer en mode adulte, que les choses changent, qu'on est plus quatre dans l'équipe, que je ne peux plus faire d'opérationnel, que ...

Et l'écriture, c'est l'occasion de prendre conscience de certaines choses. La lecture c'est l'occasion de partager des évidences ou mettre le doigt sur les petits riens croustillants de la vie quotidienne.

Cette note a été largement mais librement inspiré par "petit deuils en entreprise" de Jacques-Antoine Malarewicz qui explique avec intérêt que chaque changement en entreprise suppose un deuil souvent niée dans notre société. Je recommande.

09:09 Publié dans Livre, Reflexions | Commentaires (0) |

16.11.2010

Industrie du web et du web low cost : une vision du marché de demain ?

lada-paillasson.jpgAh ces braves Lada, que l'on reconnait entre mille car elles sont, dit-on, toutes carrées comme des caisses à savon. Mon voisin en avait une 4x4 et verte, mais ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai compris l'acte politique que représente l'achat d'une Lada ou d'une Yougo !

yougo.jpgHier on se moquait encore des caisses à savons des pays de l'est "by Renault". On disait qu'elles étaient faite avec des poignées de portes de 4L, les Dacia. Aujourd'hui force est de constater que c'était bien dédaigner cette voiture qui conquière un marché répondant au besoin des pays émargeants et des nôtres.

Et pourquoi pas le web !
Dans le secteur des applications dédiées à la gestion de communautés, on observe de plus en plus d'acteurs sérieux. On rencontre des clients au fait des services qui existent et qui savent parfaitement ce dont ils ont besoin...

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10:21 Publié dans Reflexions | Commentaires (1) |

03.06.2010

Du Zodiac au paquebot

galerie-membre,bateau,drague-et-zofiaque-gendarmerie-fei.jpgZodiac : embarcation légère et gonflable destiné à la pêche sportive, à la randonnée, ... en mer côtière, en rivière ou lac et étang.
Paquebot : énorme navire destiné au transport de passager.

De la starup à la multinationale, difficile de négocier le virage.  Voyons quels sont les leviers pour bien manœuvrer.


Combien de fois ai-je pesté sur les clients grands comptes qui demandent 36 niveaux de validation ! Je ne les compte plus. Le dernier gros contrat faisait 16 signatures ce qui prend au moins un mois pour le chef de projets du client pour faire ce marathon ! Pendant ce temps rien ne peut avancer. Par contre dès la signature, il faut être dans les starting block. A rebour, la startup est plus réactive, mais quand "déboule" une vingtaine tous aussi spécialisés les uns que les autres et parfois qui ne se connaissent pas, il faut savoir canaliser ce petit monde !

Conserver le Cap
Si dans une première phase de 3 ans une startup peut être opportuniste naviguer tout azimut pour aller vite elle doit très vite se structurer pour accompagner sa croissance, assurer ses revenus,...
Partir tout azimut cela peut être recentrer son activité, faire un virage à 180 degrés sans que personne ne s'en émeuve. Plus le temps passe, plus le bateau grossi, plus les virages sont durs à négocier.
Là me viennent deux exemples :

  • j'avais rencontre Criteo au tout début alors qu'ils cherchaient à développer des widgets de blogs contextuels, pour finalement faire du brokerage publicitaire.
  • plus fort, Seesmic était un site de vidéo avant d'être un client desktop de twitter ! En rachetant ping.fm ça devient un produit avec de la suite dans les idées.

S'il est aisé d'être opportuniste les deux premières années car les membres de l'équipe ont des intérêts communs en temps que fondateur et entrepreneur ce n'est plus le cas par la suite. De plus aux levées de fond de démarrage (des fondateurs) s'ajoutent celles de VC qui eux misent sur un PowerPoint et la tête du dirigeant et ne supportent que très peu le mal de mer.

Assurer la croissances de ses revenus
En débutant, facile de faire le sacrifice de quelques salaires, de bosser dans un garage ou chacun chez soit. A plus long terme, ce n'est tout de même pas sain. Comment attirer des talents ou des clients en travaillant dans un garage (si on travaille pas dans la mécanique auto) ?
Si la question des salaires peut être reporté en versant des stock options, certains avantages peut devenir très vite des contraintes. Il y a des équilibres très simples à connaître et à appliquer dans la définition de son modèle économique :

  • en face une dépense récurrente y opposer une recette régulière (un abonnement par exemple pour la location de serveurs)
  • en face un charge fixe (exemple : le setup d'un applicatif ou un produit comme la clef 3G de votre pc) y opposer une facturation fixe.

Ça vous semble logique, mais tout une famille de lapins blancs en plastique qui se connectent à Internet en sont en train de mourir sur vampes-grisées.com - ou quelque chose comme cela ! Une bien moches nouvelles pour les geeks.

A chaque instant, le seul objectif d'une startup doit est prouver que son modèle économique est viable. Elle cesse d'être startup quand elle a atteint un équilibre et une croissance qui la met a l'abri d'être omnubilé par cet objectif. En se sens, concevoir ou étoffer sa gamme de produits fait quitté à mon sens le statut de startup à une jeune pousse.

Faire émerger le premier relais de croissance
Compléter sa gamme de produit est un premier virage trés important pour une entreprise. Ce premier relais de croissance est très souvent un accouchement douloureux. Il commence à intervenir au bout de 3 ou 4 ans d'existence. L'idée même est souvent difficile à avoir, le nouveau produit est une remise en cause profonde pour tous les membres de l'équipe. C'est à la fois une période de forte hésitation et une période de mutation dans les méthodes de travail car l'équipe grossi. Chacun ne s'y retrouve pas, certaines personnes n'adhérons pas au projet, s'il est mal presenté ou qu'on laisse le sentiment de mettre certaines personnes de côté.

Assurer la croissances humaines
Viens donc le temps de la mise en place d'un middle management. La promotion interne sera toujours mieux vécue, encore faut-il que ce soit possible. Le recours à l'externe pose à cette phase de grosses difficultés : imaginez le parachutage à pleine vitesse sur un zodiac ! Cela veut dire que le recrutement du middle management s'anticipe à la phase précédante. Mais la plus grosse difficulté se trouve pour le nouveau top management de changer la casquette d'entrepreneur en dirigeant. C'est l'occasion pour certains entrepreneurs de céder le zodiac considérant que leur Job est terminé. Ils préfèrent alors voguer à d'autres projets et récupérer leur mise plus intérêt. C'est un peu cas de Kelkoo racheté par Yahoo.
Enfin, mais l'exemple n'est plus tout a fait dans la période 3 à 6 ans, Lycos avait reçu un proposition d'achat de 120 millions d'euro 6 mois avant de plier boutique. Quand on manque de trésorerie c'est moche en pleine crise financière, il n'y a pas grand chose à faire.

Au contraire, certaines jeunes pousses gonflent comme des baudruches. Un signe qui ne trompe pas, celui d'un déséquilibre certain : la part des stagiaires par rapport aux automatismes. Ceux qui préfèrent une main d'œuvre peu qualifiée et éphemère à la perenité vont chercher à faire un coup rapide, comme surfer sur un effet de mode comme les comparateurs de prix. Combien de comparateurs il y a deux ans, combien aujourd'hui ? Si la situation persiste, le projet va vite sentir le sapin. Mais derrière ce besoin de parer au plus presser, ne nous y trompons pas. Cela relève d'un déficit technique. Prenons Twitter, les efforts déployé pour accompagner la croissance est prépondérante sur l'usage et les nouvelles fonctionnalités. Cela veut bien dire d'opportunisme oui, mais il faut faire bien du premier coup en se laissant la possibilité d'évolutions techniques.

Assurer la croissances technique
Si le produit montre des carences sous de faible charge (bug récurrents, temps de déploiement disproportionné, ...), on aura tendance combler par des rustines parce que personne ne sais faire autrement de toute façon, voire la rustine est un troupeau de stagiaires. Au début c'est pour absorber des taches le temps de faire la nouvelle version et puis souvent ça dure.
Pixmania était un peu dans cette situation au tout début. Au vue des problèmes techniques, il a été décidé de concevoir une nouvelle version du site de vente en ligne. Mais peu d'améliorations ont été observé. Une grosse partie de l'équipe technique a été remercié dont le management qui ne faisait pas l'affaire. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le niveau technique était trop bas.

Au final, on peut noter les virages à négocier pour une jeune pousse :
- la croissances de ses revenus
- la croissance humaines
- la croissance technique
- le premier relais de croissance

Je ne couvre certainement pas toutes difficultés des entreprises, mais j'espère que vous aurez apprécié les quelques exemples de réussite. J'ai volontairement tue le nom des échecs.

16:19 Publié dans Reflexions, Ressources humaines | Commentaires (0) | Tags : ressources humaines |

28.03.2010

Un monde plus petit pour des défits plus gands

lpp2.jpgDes lessives concentrées aux smart phones, du délais de livraison d'un produit à la pause dejeuné en passant par les plats dans les restaurants gastronomiques, des vêtements moulant au mini jupe, du micro blogging sur twitter aux sites pour Iphone, pourquoi tout devient plus petit dans notre société moderne ? Pourquoi cette frénésie pour la miniaturisation ?

Le petit voyage

L'homme moderne, face à la femme du monde, consomme décidément autrement. Quand je fréquentais le collège, nous portions des cartables de 15 kg alors qu'aujourd'hui il me semble que tout ce savoir, et même plus tient dans mon iPhone. Miniaturiser ça nous permet de maîtriser l'espace et l'infiniment grand. Combien de voyageurs partent chaque jour de cet énorme aérogare qu'est Roissy avec seulement un portable en poche et traverse l'Europe pour une réunion de travail d'une journée ?

Le petit court (et pressé)

Tout est en capsule, tout est dosé pour se faciliter la vie dit-on ! Pour gagner du temps en réalité. On twitte alors qu'un blog avec une bonne analyse dans une note de blog est plus constructive. C'est juste qu'on peut, du coup, faire un plus grand nombre de choses, donner son avis sur une immensité de problématiques sans bouger de son bureau. Les technophiles et adepte du dernier Ipad Nano (merci Pascal) sont ceux qui aiment aller vite et s'en plaigne : allez comprendre !

La petite individualité face au grand individualisme

La société moderne reconnaît l'individualité comme importante. C'est ce qui fait que dans les grandes villes, une personne est quasi insignifiante conséquence de quoi on observe beaucoup plus de tolérence (en fait autant d'indifférence). Les récentes électons ont bien rappelé cet état de fait le vote sanction (FN) est plus fort en campagne que dans nos mégalopôles cosmopolites. Pour preuve également, il est réputé plus dure de vivre son homosexualité qu'à Paris, la différence devient ce qu'on montre du doigt là où elle est normalité.

Mais pourtant ce qui fait la grandeur d'une équipe c'est que chaque membre doit rester petit pour en décupler sa force ! Paradoxal.

 

Et si la réponse à la mondialisation était la miniaturisation pour aller plus loin, plus vite.

22:05 Publié dans Reflexions | Commentaires (0) |